1968–1977 | De la médecine à la chirurgie

Originaire de Sorel, André Robidoux manifeste très tôt un intérêt marqué pour les études et les sciences. Après des études classiques menant à un baccalauréat ès arts, il est admis en médecine à l’Université de Montréal en 1968. Il y obtient son doctorat en médecine (M.D.) en 1972, année au cours de laquelle il reçoit plusieurs distinctions soulignant l’excellence de son parcours universitaire.

Il poursuit ensuite sa formation spécialisée en chirurgie générale à l’Université de Montréal, de 1973 à 1977. Au cours de ces années, son intérêt pour l’oncologie se précise progressivement et l’amène à envisager une carrière où la chirurgie serait étroitement liée à la recherche sur le cancer.

1978–1980 | Une formation au cœur de l’excellence mondiale en oncologie

En 1978, le Dr Robidoux quitte le Québec pour poursuivre un fellowship en oncologie à l’University of Texas at Houston dans le département du Developmental Therapeutics. Il intègre le MD Anderson Cancer Center, l’une des institutions les plus prestigieuses au monde en matière de recherche et de traitement du cancer.

Au sein du Department of Developmental Therapeutics, il travaille notamment auprès du Dr Emil Freidreich III, figure majeure de l’oncologie américaine. Cette immersion dans un environnement où recherche et pratique clinique évoluent de concert aura une influence déterminante sur sa conception de la médecine.

Au MD Anderson, le Dr Robidoux découvre une approche dans laquelle la recherche fait partie intégrante du parcours de soins. Il reviendra au Québec en 1980 avec la volonté de créer des ponts durables entre recherche scientifique, essais cliniques et traitement des patientes.

Cette expérience contribuera à façonner une conviction qu’il défendra pendant toute sa carrière : pour améliorer les chances des personnes atteintes de cancer, la recherche doit être au cœur même de la pratique médicale.

1980–1990 | Bâtir la recherche en cancer du sein au Québec

De retour au Québec, le Dr Robidoux amorce sa carrière en 1980 à l’Hôtel-Dieu de Montréal, qui sera plus tard intégré au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Avec ses collègues, il participe à la mise en place d’une structure consacrée à la chirurgie oncologique et contribue au développement de la recherche clinique sur le cancer du sein, à une époque où cette approche en est encore à ses premiers développements au Québec.

Son ambition dépasse la seule pratique chirurgicale. Il souhaite que les patientes québécoises puissent bénéficier des avancées scientifiques et avoir accès aux études cliniques qui contribuent à transformer les traitements contre le cancer du sein.

Au-delà de ses propres travaux de recherche, le Dr Robidoux contribue à bâtir les structures nécessaires au développement de la recherche clinique et de l’oncologie. Pendant plusieurs décennies, il assume de nombreuses responsabilités au sein de l’Hôtel-Dieu de Montréal, du CHUM et de l’Université de Montréal, participant à des comités consacrés à la chirurgie, à l’oncologie, à la recherche et à la formation médicale.

Années 1980–2010 | Montréal, Pittsburgh et une collaboration déterminante

Une relation scientifique jouera un rôle majeur dans cette ambition : celle développée avec le National Surgical Adjuvant Breast and Bowel Project (NSABP), basé à Pittsburgh et devenu par la suite une composante de NRG Oncology.

Le Dr Robidoux travaille notamment aux côtés du Dr Bernard Fisher, figure de proue de la recherche sur le cancer du sein aux États-Unis, ainsi que du Dr Norman Wolmark, qui deviendra à son tour une figure incontournable du NSABP.

Cette collaboration, amorcée dès le début des années 1980 et poursuivie pendant plusieurs décennies, permettra de tisser des liens scientifiques durables entre Montréal et Pittsburgh. Sous le mentorat du Dr Fisher, le Dr Robidoux devient directeur du Groupe de recherche clinique en cancer du sein de l’Hôtel-Dieu, puis du CHUM. Au fil des années, il assume des responsabilités scientifiques croissantes au sein du NSABP, participe à plusieurs études cliniques majeures sur le traitement et la prévention du cancer du sein et est élu à son conseil d’administration en 1998.

Grâce à son engagement auprès du NSABP, plus de 5 000 patientes québécoises atteintes du cancer du sein auront accès à ses essais cliniques, leur permettant de participer à des études qui contribueront directement à l’évolution des traitements et de la prévention du cancer du sein.

1991–2000 | Faire grandir la recherche

En 1991, le Dr Robidoux et son équipe remportent un concours de l’Institut national du cancer portant sur la prévention du cancer du sein chez les femmes à risque.

La recherche prend alors une place toujours plus importante dans sa carrière. Le Dr Robidoux défend une vision dans laquelle elle n’est jamais une activité parallèle à la médecine clinique, mais bien une composante essentielle des soins.

Son objectif demeure constant : rapprocher la recherche fondamentale, la recherche clinique et la pratique médicale afin que les découvertes scientifiques puissent mener plus rapidement à de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques.

2001–2018 | Une infrastructure de recherche durable

Cette vision se concrétise notamment par son engagement dans le développement de la recherche sur le cancer du sein à l’Université de Montréal et au CHUM.

Professeur titulaire au Département de chirurgie de l’Université de Montréal, le Dr Robidoux devient titulaire de la Chaire Banque Scotia en diagnostic et traitement du cancer du sein, fonction qu’il occupera pendant 18 ans. Il sera également chercheur associé à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal (IRIC).

Au cours des années 2000, il contribue également à l'établissement de structures de financement destinées à assurer la pérennité de la recherche en cancer du sein.

Son équipe poursuit sa croissance et comptera, en 2010, plus de 20 personnes travaillant à faire progresser les connaissances et les traitements.

2013 | Transmettre la connaissance au-delà du milieu scientifique

L’engagement du Dr Robidoux envers la diffusion des connaissances ne se limite pas aux milieux médical et universitaire.

En 2013, il publie aux Presses de l’Université de Montréal Les raisons d’espérer : ce que la recherche nous apprend sur le cancer du sein. Destiné au grand public, l’ouvrage présente les avancées qui ont transformé la compréhension et le traitement de la maladie.

Cette publication témoigne d’une autre dimension de son engagement : rendre la science et les progrès de la recherche accessibles aux personnes directement touchées par le cancer.

2016–2020 | Étendre l'accès à la recherche partout au Québec

La vision du Dr Robidoux ne s’arrête pas aux murs du CHUM.

Il participe au développement du Groupe McPeak-Sirois, créé en 2016 afin de réunir des établissements hospitaliers québécois autour d’un réseau consacré à la recherche clinique sur le cancer du sein. Le Dr Robidoux devient le président fondateur de son comité scientifique.

L’objectif est ambitieux : accroître le nombre d’études cliniques disponibles au Québec et permettre à davantage de patientes d’y participer, y compris à l’extérieur des grands centres universitaires.

Cette volonté se poursuit aujourd’hui notamment à travers le Programme Accès-recherche Dr André-Robidoux, qui porte son nom et vise à faciliter la participation des patientes aux études cliniques tout en leur permettant, lorsque possible, de demeurer dans leur région.

2020 | La fin d'une carrière, le début d'un héritage

Le Dr André Robidoux s’éteint le 25 juillet 2020, à l’âge de 72 ans.

Mais les structures qu’il a contribué à bâtir, les collaborations qu’il a établies et la vision de la recherche clinique qu’il a défendue continuent de porter leurs fruits.

Son héritage se retrouve dans les chercheurs et cliniciens qu’il a côtoyés et formés, dans les équipes qu’il a contribué à réunir et dans les milliers de patientes qui ont pu accéder à des traitements novateurs et participer à des essais cliniques.

2020–aujourd’hui | Un héritage qui se poursuit

L’influence du Dr Robidoux se poursuit bien au-delà de sa disparition.

En 2026, cet héritage prend une nouvelle forme avec la création de la Journée de la recherche André-Robidoux et Rachelle-Marquis sur le cancer du sein, présentée par la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Sa première édition, sous le thème De la découverte à la guérison, rassemble chercheurs et cliniciens autour des métastases, des réponses thérapeutiques, des thérapies émergentes et de la résistance aux traitements.

Plus de quatre décennies après le début de sa carrière, l’empreinte du Dr André Robidoux demeure ainsi profondément inscrite dans l’écosystème québécois de la recherche sur le cancer du sein.

Son parcours aura été guidé par une conviction fondamentale : soigner les patientes d’aujourd’hui tout en faisant progresser la recherche dont bénéficieront celles de demain.